par Michel Rose et Laurie Chen
PÉKIN, 6 avril (Reuters) - Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen doivent rencontrer jeudi le président chinois Xi Jinping pour des entretiens qui pourraient tracer la voie des futures relations entre la Chine et l'Union européenne, alors que les liens entre Pékin et Bruxelles se sont détériorés ces dernières années.
Le président français, qui est arrivé mercredi à Pékin, a déclaré aux journalistes que l'UE ne devait pas réduire ses liens commerciaux et diplomatiques avec Pékin, qui s'oppose à l'Occident sur des questions comme Taïwan, les technologies sensibles ou ses liens avec la Russie.
La présidente de la Commission européenne a exprimé avant sa visite son souhait que l'UE limite les risques dans ses relations économiques avec la Chine, alors que Pékin passe d'une ère de réforme et d'ouverture à une ère de sécurité et de contrôle.
Les relations entre l'UE et la Chine se sont détériorées ces dernières années, notamment en raison du refus de Pékin de condamner la Russie pour son invasion de l'Ukraine.
La Chine veut désormais s'assurer que l'Europe ne s'inscrive pas dans ce qu'elle considère comme une campagne hostile des Etats-Unis pour contenir son émergence.
A Pékin, les attentes sont grandes concernant la visite d'Emmanuel Macron.
"La visite d'Emmanuel Macron devrait apporter des résultats concrets dans la promotion de la coopération économique et commerciale entre la Chine et la France, et renforcer la confiance mutuelle sur le plan politique", a écrit jeudi le Global Times, journal dirigé par le Quotidien du peuple du Parti communiste au pouvoir.
"Il est important de noter que plusieurs forces en Europe et les Etats-Unis suivent avec attention la visite d'Emmanuel Macron et exercent une influence dans différentes directions", indique le Global Times. "En d'autres mots, tout le monde ne souhaite pas voir la visite d'Emmanuel Macron en Chine se dérouler sans heurts et être couronnée de succès."
Le président français rencontrera tout d'abord le nouveau Premier ministre chinois Li Qiang, avant que ce dernier ne se rende à un "déjeuner de travail" avec la présidente de la Commission européenne.
Dans l'après-midi, Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen s'entretiendront séparément avec Xi Jinping avant de se retrouver pour des discussions communes dans la soirée.
Emmanuel Macron comme Ursula von der Leyen ont exprimé leur intention de tenter de convaincre Pékin d'user de son influence sur Moscou pour ramener la paix en Ukraine ou, tout du moins, de ne pas soutenir directement son allié russe.
Le président français, qui est accompagné par une cinquantaine de dirigeants d'entreprises, parmi lesquelles Airbus AIR.PA , Alstom ALSO.PA et EDF EDF.PA , devrait également annoncer plusieurs contrats avec la Chine.
En France, certains estiment toutefois que de telles annonces ne serait pas un bon signal à envoyer.
"Les trois quarts de la délégation sont des chefs d'entreprise: l'objectif est avant tout de signer des contrats", a écrit sur Twitter l'eurodéputé de gauche Raphael Glucksmann avant la visite d'Emmanuel Macron.
"A l'heure où le débat en Europe se concentre sur notre dépendance suicidaire à l'égard de la Chine et sur l'ingérence chinoise, le message est inopportun."
(Reportage Michel Rose et Laurie Chen à Pékin, rédigé par John Geddie; version française Camille Raynaud)

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